Blueberries

Même les superaliments ont besoin de minéraux

Cultiver de meilleurs bleuets grâce aux résidus d’aluminium 


Nous travaillons avec des cultivateurs de bleuets dans la région québécoise du Saguenay-Lac-Saint-Jean, au Canada, à la création d’un engrais sûr et efficace. Et le plus intéressant? Cet engrais est fait à partir de résidus provenant de nos usines d’aluminium.

Environ 85 % des matières résiduelles (hormis les résidus de bauxite) issues de nos installations du Saguenay–Lac-Saint-Jean servent à fabriquer de nouveaux produits.

L’anhydrite est un minéral qu’on trouve normalement dans les roches, mais nous en produisons quelque 85 000 tonnes par année au Québec comme sous-produit de notre procédé de production d’aluminium.

Des recherches montrent que ce fidèle minéral aide les plants de bleuets à avoir plus de feuilles, des racines plus longues et – surtout – des fruits plus abondants. De plus, comme il est local, il coûte moins cher que beaucoup d’autres engrais. C’est une bonne nouvelle pour les cultivateurs de bleuets locaux, qui doivent parfois composer avec des coûts élevés et des prix de vente plus faibles.

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Des produits primés

Nous avons remporté un prix de « Québec circulaire » – une initiative menée par le gouvernement local afin de mettre en valeur les entreprises qui ont intégré des stratégies d’économie circulaire dans leurs activités – pour avoir trouvé des façons de réutiliser l’anhydrite dans les secteurs locaux de l’agriculture et de la construction.

En 2019, nous avons remporté un prix de Québec circulaire – une initiative menée par le gouvernement local afin d’encourager l’économie circulaire – pour la réutilisation de l’anhydrite dans les secteurs de l’agriculture et de la construction. Et nous avons aussi obtenu le sceau d’approbation de l’Agence canadienne d’inspection des aliments.

« L’anhydrite contient du calcium et du soufre, soit des nutriments importants pour les cultures, dit Stéphane, scientifique dans notre équipe d’Aluminium. Elle aide également à améliorer la texture des sols et elle n’a aucun impact sur les niveaux de pH, ce qui réunit toutes les conditions favorables à certaines cultures, comme celles des pommes de terre, du blé et de l’orge – et maintenant les bleuets aussi. »

Stéphane fait partie d’une équipe de neuf scientifiques et experts en affaires commerciales et en approvisionnement ayant pour mandat de trouver des façons de transformer nos résidus en produits utiles en vue de réduire les déchets et de créer de la valeur en même temps. De fait, environ 85 % des 400 000 tonnes de matières résiduelles (hormis les résidus de bauxite) issues de nos installations du Saguenay–Lac-Saint-Jean servent à fabriquer de nouveaux produits.

Saguenay aluminium

Créer une chaîne de valeur durable

La gestion des déchets est l’un des critères pris en compte dans la certification de l’Aluminium Stewardship Initiative (ASI).

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Nous avons été la première entreprise au monde à être certifiée en vertu de l’ASI, soit la norme internationale la plus rigoureuse en ce qui concerne les pratiques environnementales, sociales et de gouvernance tout au long du cycle de vie de l’aluminium, de la production à l’utilisation et au recyclage. Le travail de notre équipe visant à créer de nouveaux usages pour nos sous-produits a également joué un rôle important dans l’obtention de la certification de l’ASI pour tous nos établissements de production d’aluminium au Québec.

La certification de l’ASI fait suite à un audit indépendant et touche diverses étapes de la chaîne de valeur de l’aluminium : extraction de la bauxite, affinage de l’alumine, électrolyse de l’aluminium, création de produits à valeur ajoutée, transformation, recyclage et activités connexes.

Mais nous n’en sommes pas restés là : l’équipe de Stéphane a trouvé d’autres utilisations pour l’anhydrite. Dans le secteur de la construction, on s’en sert notamment comme solution de rechange au gypse – une ressource naturelle non renouvelable – pour le ciment et des revêtements de plancher spécialisés. Et dans l’industrie du papier, nous avons noué un partenariat avec l’entreprise Produits forestiers Résolu, établie au Québec, afin d’explorer l’utilisation de l’anhydrite en combinaison avec les boues (matières organiques) issues de ses usines de papier – le résultat pourrait donner lieu à un « super-engrais » encore plus efficace.

Nous continuons en outre à chercher des moyens d’améliorer l’utilisation de l’anhydrite dans le domaine de l’agriculture. Nous finançons une étude de l’Université Laval et de l’Université du Québec à Chicoutimi, en partenariat avec les gouvernements du Canada et du Québec, visant à présenter des données encore meilleures aux agriculteurs à propos de l’anhydrite, ce qui les aidera à déterminer exactement de quelle quantité ils ont besoin – selon les spécifications liées à leurs cultures et à leurs sols – pour récolter plus de bleuets. Au printemps 2021, nous avons épandu 32 tonnes d’anhydrite dans les champs de bleuets de la Coopérative d’Albanel et nous travaillons avec les cultivateurs pour mesurer les effets que cela aura sur la production de l’année prochaine.

« La collaboration est essentielle au succès de l’économie circulaire, dit Stéphane. C’est en travaillant avec des partenaires que nous pouvons créer un avenir durable. »

Banner image: Joanna Kosinska. Pullout blueberry image: Robert Zunikoff.

Qu’en est-il des résidus de bauxite?

Les résidus de bauxite, qu’on appelle aussi « boues rouges », constituent une autre source de déchets issus de l’affinage de l’alumine. Ils représentent un défi pour l’ensemble de l’industrie, sur lequel se penchent nos équipes à l’échelle mondiale. Au Saguenay, nous avons construit une installation pilote en partenariat avec Global Mineral Recovery qui met à l’essai un processus permettant d’extraire des minéraux des résidus de bauxite.